Tenue et signes distinctifs : ce que la loi impose, ce qu’elle interdit

La tenue d'un agent de sécurité n'est pas un choix d'employeur ni une question de style : elle est réglementée. Elle doit dire ce que l'agent est — et surtout ce qu'il n'est pas. Un gilet mal choisi, un écusson trop proche de celui d'une administration, une matraque « au cas où » : autant de fautes qui engagent l'agent et son donneur d'ordre.

Mis à jour le 14 septembre 2026 · 3 min de lecture

Ce guide cite des textes réglementaires à titre d’information. Il ne constitue pas un conseil juridique : vérifiez les textes en vigueur et, en cas de doute, consultez le CNAPS ou un professionnel du droit.

Une tenue qui identifie

Le Code de la sécurité intérieure impose aux agents de surveillance et de gardiennage le port, en service, d'une tenue particulière comportant au moins un signe distinctif visible de l'entreprise pour laquelle ils exercent, ainsi que la mention de l'activité. Le but est simple : que toute personne sache qu'elle a affaire à un agent de sécurité privée, et de quelle entreprise.

Pour un indépendant, l'entreprise, c'est lui : le signe distinctif est celui de sa propre structure (nom commercial, logo), pas celui du client.

Une tenue qui ne trompe pas

La règle la plus stricte est l'interdiction de toute confusion avec les tenues des services publics : pas de couleurs, d'écussons, de galons, de mentions ou de coupes évoquant la police nationale, la gendarmerie, les douanes ou la police municipale. « Police privée », « Brigade », un écusson tricolore ou un képi sont exclus. Une mention « Sécurité » ou « Security » sur un fond propre à l'entreprise est la norme.

Le doute se tranche du côté du citoyen : si une personne pressée peut prendre l'agent pour un policier, la tenue est fautive.

La carte professionnelle, toujours présentable

L'agent doit être en mesure de présenter sa carte professionnelle (aujourd'hui dématérialisée : son numéro et sa validité) à toute réquisition des autorités, et le donneur d'ordre est en droit de la vérifier avant la mission. Les modalités de port du numéro sur la tenue ont évolué avec les textes récents : à faire préciser au cas par cas par votre organisme de formation ou le CNAPS.

Armes et matériel

  • Aucune arme, y compris de catégorie D (bâton, matraque, aérosol incapacitant), hors cadres très limités et encadrés par décret pour certaines activités.
  • Les menottes ne font pas partie de l’équipement d’un agent de surveillance.
  • Autorisés et souvent nécessaires : radio, lampe, gilet haute visibilité en extérieur, chaussures de sécurité selon le site, gants de protection contre les coupures pour l’inspection de bagages.

Les exceptions : civil et protection rapprochée

La surveillance en civil (magasins, grandes surfaces) est admise dans un cadre précis : l'agent reste identifiable comme tel sur demande, et son intervention (par exemple lors d'un flagrant délit) obéit aux mêmes limites qu'en tenue. La protection physique des personnes s'exerce en tenue civile par nature ; la carte professionnelle avec la mention correspondante reste l'élément d'identification.

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Votre photo de profil se fait en tenue professionnelle : c'est ce qu'un client attend de voir. Les consignes de tenue propres à un site (gilet HV, tenue sombre, civil) se précisent dans la description de la mission ; si une consigne contredit la réglementation (mention ambiguë, matériel non autorisé), signalez-le avant d'accepter.

Questions fréquentes

Peut-on écrire seulement « SÉCURITÉ » sur la tenue ?

La mention de l’activité est attendue, mais elle ne remplace pas le signe distinctif de l’entreprise : le nom ou le logo de la structure doit apparaître aussi.

Un client peut-il m’imposer sa tenue ?

Il peut demander une tenue compatible avec son site (couleur, gilet, civil). Il ne peut pas faire disparaître l’identification de votre entreprise ni vous faire porter un signe qui prête à confusion avec une administration.

Travailler en civil en magasin, c’est légal ?

Oui, dans le cadre prévu pour la surveillance de magasin, avec carte professionnelle présentable et sans jamais dépasser les limites de l’intervention (pas de fouille, pas de rétention au-delà du flagrant délit et de l’arrivée des forces de l’ordre).

Puis-je porter un aérosol de défense ?

Non pour un agent de surveillance, hors cadre dérogatoire. Le port d’une arme de catégorie D en service est une infraction.

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